Singulières campagnes électorales

Freddy Roy

Les campagnes électorales régionales et départementales reposent sur un principe de base :  organiser un débat sur ce que doivent être ces territoires. 

Pour une partie de la population, de telles campagnes demeurent, sur le principe, le seul contact avec le système politique régional et départemental. L’unique moment aussi où nos compatriotes se sentent écoutés; où les postulants font un effort d’écoute particulier. 

Quelles campagnes électorales ?

Une observation des acteurs à la manœuvre démontre que les campagnes sont essentiellement présentes sur les réseaux sociaux. Pour les régionales s’y ajoute une couverture médiatique convenable. Encore que la focalisation sur deux ou trois régions en interpelle plus d’un. Comme en 2015, les départementales sont superbement ignorées. Tout juste si la PHR et la PQR ont présenté les binômes. Mais pour l’heure, rien sur les jeux et les enjeux politiques.

Le militantisme ? Pour les départementales, les comptes Facebook dédiés ne dépassent guère le nombre des aficionados ! Visites d’entreprises (beaucoup refusent), porte-à-porte quasiment absent, visites sur les marchés, rencontres avec les relais d’opinion, rares distributions de flyers, pour autant qu’un arrêté municipal s’y oppose pas ! Les budgets conséquents permettent heureusement d’adresser un quatre pages.

Les réunions ? Le gouvernement a déconfiné les campagnes en termes de possibilité d’organiser des réunions publiques. Sauf que dans la pratique, cela ne fonctionne pas, encore que pour les régionales, certains tentent les « meetings numériques » !

Toutefois, à partir du 9 juin, en espace clos comme en plein air, la jauge montera à 65 % et la limite à 5.000 personnes, ce qui autorise des meetings de fin de campagne (régionales). Au-delà de 1.000 personnes, le pass sanitaire sera demandé à l’entrée. Reste qu’il conviendra surtout de trouver les participants.

 

Le désintérêt des électeurs

Pour l’heure, le désintérêt des électeurs est patent. Il ne réside pas uniquement dans la crise sanitaire. En 2015, déjà, l’attention pour ces consultations paraissait modeste : 49,9 % de participation aux régionales et 50,2 aux départementale. Pourquoi ? Pour beaucoup, la Région, voire parfois le Département, sont éloignés. Leur fonctionnement repose un triptyque président, administration et deux ou trois vice-présidents. Aux notables parfois charismatiques – qui accédaient autrefois à ces mandats – ont succédé des représentants des classes moyennes. Aux départementales, les binômes ont par ailleurs fait perdre en lisibilité, d’autant que certains parlent, à tort, de « liste ». Les programmes ? Si aux régionales des tendances sont esquissées, aux départementales, le phénomène est inverse. Les candidats évoquent toutefois de manière erratique l’écologie, la fibre optique ou telle ou telle problématique locale. Guère possible de distinguer la couleur politique à partir des professions de foi. 

Le gouvernement, après hésitations, a décidé d’appeler le corps électoral à voter au début de l’été. Reste que l’opportunité d’organiser de tels scrutins risque de trouver sa réponse dans les urnes. Un signe ? L’énorme difficultés des mairies à trouver des assesseurs pour ce double vote !

 

Freddy Roy